#PODCAST Première séance #5

Mon cinéma reste muet, et ce silence cinématographique est assourdissant.

Mon Palace est fermé depuis des mois, comme partout en France, et je suis envahi par la mélancolie des émotions multiples que seule procure la magie du grand écran.

Les plateformes n’y font rien, la technologie digitale ne gagnera pas. Netfix ne procurera jamais la puissance sensorielle d’une image géante perçue à partir d’un fauteuil de velours rouge. Disney Plus n’effacera pas le plaisir sucré et enfantin d’un popcorn caramélisé englouti avec addiction. Salto n’alimentera jamais la fièvre langagière, cérébrale et passionnée d’un ciné-club. Amazon Prime n’étouffera jamais l’ambiance collective, enfiévrée, bruyante et adolescente d’une sortie en avant-première d’un block buster. OCS n’occultera jamais la place organique d’une musique de film.

Empruntant Vladimir Cosma je veux redire ici que « La bonne musique de film, c’est la bonne musique tout court, celle qui doit pouvoir s’écouter sans images ».

Aussi, face aux décisions uniformes et souvent absurdes du pouvoir central, je vous invite à affirmer votre amour pour le cinéma, en fermant les yeux, en vous remémorant ces quelques mélodies inoubliables, gravés dans nos oreilles, et qui nous replongent dans nos salles obscures et font jaillir milles images et milles sensations.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Le thème mythique d’un armonica, dans le western opéra « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Léone.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

L’envoutement d’une valse, composée par Yann Tiersen, qui nous emportent avec Amélie Poulain, dans ces bonheurs éphémères et légers du quotidien d’un bistrot parisien.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

La marche impériale de forces obscures engagées dans une guerre des étoiles si magistralement orchestrée par l’hymne énergique d’un John Williams.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

La rêverie tourmentée et la quête de liberté d’un général romain devenu gladiateur, portée par la diva de Hans Zimmer.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Le slow langoureux d’une Boum et les amours d’adolescente de la jeune Vic, notre Sophie nationale, si judicieusement composé par Vladimir Cosma.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Cette douce mélodie et cette flânerie d’Ennio Moricone qui accompagne toutes les émotions de Jacques Perrin, dans cette scène finale de Cinéma Paradiso, où des dizaines de baisers et d’enlacements, nous replongent dans les passions dévorantes du jeune Toto pour le 7ème art.

Aujourd’hui chacun d’entre nous peut fermer les yeux, entendre et voir. C’est un acte de résistance. C’est un acte de solidarité et soutien pour nos exploitants de salles de cinéma.

En 2019, le Palace de Château-Gontier enregistrait plus de 100 000 spectateurs, en 2021 Zéro.

Promis Joëlle, nous serons tous là pour la 1ère séance !