#PODCAST Optimisme olympique #1

Vincent SAULNIER, chronique d’un élu local

« Au train où vont les choses, l’optimisme va devenir une discipline olympique ».

Emprunter Jean Rocherfort, dans « Un éléphant ça trompe énormément » pendant cette période de COVID, c’est admettre que rien ne doit démobiliser, l’élu local que je suis, dans ses indéfectibles missions de Vice-président du Pays de Château-Gontier en charge du sport

Organiser la 5ème édition de la Semaine Olympique et Paralympique, lors de cette première semaine de février 2021, est une gageure pour un élu local. Sans jouer les Coubertins de l’espace rural, je veux ici révéler le défi organisationnel que cela représente, alors même que monsieur Damoclès hésite à sortir l’épée de son fourreau.

Oui, il en faut de l’optimisme pour promouvoir les valeurs de l’olympisme auprès des plus jeunes. Oui, il en faut de l’envie pour proposer à 12 écoles du territoire, des écoles rurales et urbaines, des écoles publiques et privées, et à 17 classes des animations culturelles et sportives, pour conjuguer la tête et les jambes, alors même que tout nous invite à nous confiner, à nous sédentariser et à nous refugier derrière des écrans.

Le Pays de Château-Gontier, mais aussi le département de la Mayenne, où je m’active dans la dynamique des Jeux de Paris 2024, sont aujourd’hui en action avec cette Semaine Olympique. Avec les animateurs sportifs, les équipes enseignantes, les fédérations scolaires, USEP, UNSS, UGSEL, et le CDOS, le Comité Départemental Olympique et Sportif de la Mayenne, nous voulons démonter les immenses vertus du sport, pour notre santé, physique et mentale.

Comme le rappelle régulièrement l’Organisation Mondiale de la Santé l’OMS, l’enjeu principal en matière de prévention c’est effectuer au moins 30 minutes d’activité physique quotidiennes en école primaire.  Cette Semaine Olympique et Paralympique est donc l’occasion de faire bouger les lignes et nos enfants. Paris 2024 veut inscrire cette recommandation dans son héritage au-delà de l’événement mondial de juillet 2024.

Labelisé Terre de Jeux, le Pays de Château-Gontier veut s’inscrire également dans cette dynamique orchestrée par Tony Estanguet. C’est le sens la mobilisation de nos 5 animateurs sportifs communautaires auprès de plus 500 élèves de primaire. C’est au cœur de notre bassin de vie que se met en place cet enjeu de sport santé. Je suis certain qu’il essaimera dans les prochaines années et permettra la labellisation « Génération 2024 » de nombreuses écoles de notre territoire.

Car il y a urgence ! Le sport à l’école reste trop marginal, et cela empire avec l’âge. 87% des adolescents français (11-17 ans) ont une activité physique insuffisante. Et la semaine olympique est l’occasion de révéler ces insuffisances et ces défis.

Alors, oui, les territoires mayennais se mobilisent et répondent présents auprès du COJO pour s’engager en faveur du sport à l’école.

Toutefois, et c’est le paradoxe, j’invite nos gouvernants à réviser certaines dispositions étonnantes du renforcement des protocole sanitaires, et en particulier la fermeture aux scolaires des équipements sportifs couverts, salles de sport et autres gymnases.

Alors que ces mêmes élèves peuvent se retrouver à 30 dans une classe de 50 m², ils ne peuvent pas l’être dans une salle de 1000 m² ? Cela interpelle ; Cela irrite les enseignants, les parents d’élèves et les élus locaux, mais assez peu les responsables nationaux.

N’y avait-il pas ici l’occasion avec cette Semaine Olympique et Paralympique de revenir sur cette mesure contradictoire, où l’on veut promouvoir le sport santé, tout en ne se donnant pas les moyens élémentaires de le réaliser. Qui accepterait de rester trempé après deux heures de sport sous la pluie ?  Personne, mais cela laisse indifférent lorsqu’il s’agit de plus jeunes ? Etonnant, non, aurait soufflé l’ironique Pierre Desproges.

Décidément, l’optimisme est plus que jamais un sport olympique