#PODCAST Bien vieillir en Mayenne #6

A l’invitation des trois porteuses de projet, toutes les trois aides-soignantes, je visitais la semaine passée à Daon la construction de « Com à la maison ». Il s’agit d’un concept innovant d’hébergement séniors, qui permet d’accueillir, sous un même toit, 7 personnes âgées dont un couple, des personnes autonomes, éventuellement en handicap moteur. Cette maison accessible, de plain pied, propose plusieurs espaces collectifs dont un grand jardin, au cœur du bourg de Daon et de ces services de proximité.

Dans un esprit identique, la mairie de Craon porte, à la Poterne, à l’entrée de la ville route de Château-Gontier, un village des seniors, comprenant 20 logements adaptés, construits par le bailleur départemental Mayenne Habitat. Ce square des âges composé de T2 et T3 dédiés à la location, propose des loyers modérés entre 310 et 410 euros. Mais surtout ce village comprend en son cœur une maison commune, qui permet d’organiser des activités collectives, recevoir les familles, tout en respectant l’intimité des résidents.

Ces deux projets bénéficient d’un accompagnement financier du Conseil départemental. Cette aide financière est de plus de 230 000 euros pour le seul projet de Craon. Il s’inscrit dans le plan départemental May’Ainés, porté par ma collègue et binôme, Odile Gohier. Adopté en avril 2019, ce plan a pour ambition d’amplifier l’accompagnement des seniors, dans leur parcours résidentiel, et notamment dans le maintien le plus longtemps possible, en autonomie, dans leur logement.

Les 12 mesures de ce plan, regroupées en 8 thématiques, pour plus de 8,8 Millions d’euros, doivent répondre à un des défis majeurs de notre département, mais également de notre société : le vieillissement de notre population. En effet, en 2040, la Mayenne comptera 16,5% de personnes de plus de 75 ans, contre 14,5% au niveau national.

Afin de bien vieillir en Mayenne, nous déployons aujourd’hui progressivement au cœur des territoires, avec les communes, les intercommunalités, les acteurs de la solidarité ces mesures concrètes. Il s’agit, tout à la fois des aides à l’adaptation de l’habitat séniors, comme évoqué à Daon et Craon, mais également du soutien aux services d’aide à domicile, le soutien aux aidants, la promotion et la revalorisation de ces métiers, les actions de prévention santé en faveur des personnes âgées ou encore le soutien de l’aide sociale à la mobilité, avec le financement d’un véhicule électrique par intercommunalité. Cela sera d’ailleurs prochainement le cas avec l’association Mobilité à Château-Gontier. Enfin, c’est également, l’amplification des aides à l’investissement immobilier de nos EHPAD et résidences autonomie, la mise en place de nouveaux équipements pour les personnels soignants comme les rails de soutien pour réduire la pénibilité au travail, l’amplification de la téléconsultation ou encore une politique tarifaire plus équitable.

Mais au-delà des aspects techniques et financiers de ce plan d’actions pour bien vieillir en Mayenne, et comme l’ont douloureusement démontré la crise sanitaire du COVID, et les errements technocratiques de la vaccination, le grand âge mérite d’abord et avant tout une prise en charge respectueuse, bienveillante et humanisante.

« Certains disent que la vieillesse est un naufrage, moi je pense que c’est une chance. Un honneur. Tout le monde n’y a pas accès. »

Car disait Rousseau « la jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer. »

#PODCAST Première séance #5

Mon cinéma reste muet, et ce silence cinématographique est assourdissant.

Mon Palace est fermé depuis des mois, comme partout en France, et je suis envahi par la mélancolie des émotions multiples que seule procure la magie du grand écran.

Les plateformes n’y font rien, la technologie digitale ne gagnera pas. Netfix ne procurera jamais la puissance sensorielle d’une image géante perçue à partir d’un fauteuil de velours rouge. Disney Plus n’effacera pas le plaisir sucré et enfantin d’un popcorn caramélisé englouti avec addiction. Salto n’alimentera jamais la fièvre langagière, cérébrale et passionnée d’un ciné-club. Amazon Prime n’étouffera jamais l’ambiance collective, enfiévrée, bruyante et adolescente d’une sortie en avant-première d’un block buster. OCS n’occultera jamais la place organique d’une musique de film.

Empruntant Vladimir Cosma je veux redire ici que « La bonne musique de film, c’est la bonne musique tout court, celle qui doit pouvoir s’écouter sans images ».

Aussi, face aux décisions uniformes et souvent absurdes du pouvoir central, je vous invite à affirmer votre amour pour le cinéma, en fermant les yeux, en vous remémorant ces quelques mélodies inoubliables, gravés dans nos oreilles, et qui nous replongent dans nos salles obscures et font jaillir milles images et milles sensations.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Le thème mythique d’un armonica, dans le western opéra « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Léone.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

L’envoutement d’une valse, composée par Yann Tiersen, qui nous emportent avec Amélie Poulain, dans ces bonheurs éphémères et légers du quotidien d’un bistrot parisien.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

La marche impériale de forces obscures engagées dans une guerre des étoiles si magistralement orchestrée par l’hymne énergique d’un John Williams.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

La rêverie tourmentée et la quête de liberté d’un général romain devenu gladiateur, portée par la diva de Hans Zimmer.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Le slow langoureux d’une Boum et les amours d’adolescente de la jeune Vic, notre Sophie nationale, si judicieusement composé par Vladimir Cosma.

Moi, quand je ferme les yeux, j’entends et je vois.

Cette douce mélodie et cette flânerie d’Ennio Moricone qui accompagne toutes les émotions de Jacques Perrin, dans cette scène finale de Cinéma Paradiso, où des dizaines de baisers et d’enlacements, nous replongent dans les passions dévorantes du jeune Toto pour le 7ème art.

Aujourd’hui chacun d’entre nous peut fermer les yeux, entendre et voir. C’est un acte de résistance. C’est un acte de solidarité et soutien pour nos exploitants de salles de cinéma.

En 2019, le Palace de Château-Gontier enregistrait plus de 100 000 spectateurs, en 2021 Zéro.

Promis Joëlle, nous serons tous là pour la 1ère séance !