#PODCAST Mon vélo au quotidien #4

Jeudi dernier, au Collège Volney de Craon, je remettais avec ma collègue Conseillère départementale Odile Gohier, trois vélos gratuits à trois jeunes collégiennes, volontaires, motivées pour parcourir au quotidien, le trajet domicile école, un trajet souvent inférieur à 3 kilomètres.

Cette opération « Au collège en biclou » illustre parfaitement la volonté des collectivités locales, et ici du Conseil départemental de la Mayenne,  de se saisir des enjeux des mobilités douces et propres, en écho à leur ambition bas carbone. Le département accompagne ainsi la fourniture à titre expérimental, de 60 vélos, achetés auprès de magasins de cycle locaux, pour près de 25 000 euros.

Il ne s’agit pas d’un effet de mode. Tous les territoires se saisissent de cet enjeu du vélo au quotidien, y compris en milieu rural ou dans les petites villes.

C’est ainsi que depuis mars 2017 sur le Pays de Château-Gontier et depuis juin 2018 sur les Communautés de Communes du Pays de Craon et de Meslay-Grez, le GAL Sud-Mayenne a mise en place à destination des salariés un service de location longue durée de VAE, vélo à assistance électrique. Ce dispositif de location connaît un succès grandissant puisque nous avons du mal à répondre aux nombreuses sollicitations des actifs, séduits par cette solution pour la santé, l’environnement et le portefeuille à 300 € par an. Face à la demande grandissante, nous devons régulièrement acheter de nouveaux vélos, et notre flotte se compose aujourd’hui de plus de 150 VAE. Ce sont très majoritairement des femmes qui utilisent au quotidien ces vélos, pour un trajet, inférieur à 10 kilomètres aller-retour.

En Pays de la Loire, comme vient de l’annoncer l’INSEE, en matière de déplacements domicile travail, la voiture garde la pôle position, même sur de courtes distances, puisque 94% des ligériens l’utilisent chaque jour. Aussi, cette initiative Vélo Electrique des intercommunalités du Sud Mayenne montre que nous pouvons collectivement inventer des solutions alternatives à la voiture, et à l’autosolisme c’est-à-dire conduire seul dans sa voiture.

Mais développer les usages journaliers du vélo auprès de nos concitoyens, doit se conjuguer avec la mise en œuvre d’infrastructures adaptées. Les communes se sont d’ailleurs saisies de cette question des voies cyclables. L’agglomération de Château-Gontier est ainsi en cours d’actualisation de son schéma directeur des voies douces, adopté en 2013, et la majorité municipale de Philippe Henry prépare d’ailleurs pour le 2nd semestre 2021 son « Plan Vélo ». La Ville de Craon prépare également dans les prochaines semaines son Plan Vélo.

Les communautés de communes des Pays de Craon, de Château-Gontier et de Meslay-Grez, qui vont prendre d’ici fin mars 2021 la compétence « mobilité » prévue dans la Loi d’Organisation des Mobilités de 2019, vont prochainement accélérer la mise en œuvre de ces plans de pistes cyclables, en particulier les interconnexions entre polarités urbaines et bourgs ruraux. Financées à 100% par le département, ces pistes cyclables adossées aux routes départementales permettront ainsi de faciliter et sécuriser les migrations du quotidien. Sont ainsi mis à l’étude les axes périphériques, Pommerieux Craon Niaffles, ou encore La Roche Neuville Loigné Château-Gontier.

C’est en conjuguant infrastructures et usages, que nous construirons collectivement une politique cyclable, durable et efficace.

#PODCAST L’écologie des solutions #3

A l’invitation des élus du Pays de Craon, je participais la semaine passée au comité des maires, comme Président du GAL, pour Groupe d’Action Locale du Sud Mayenne. C’était l’occasion de présenter le projet de Plan Climat Air Energie Territorial, PCAET en langage techno, en résumé la feuille de route du territoire en matière d’écologie, d’énergie et de climat jusqu’en 2030 pour les trois intercommunalités du Sud du département, les Pays de Craon, Château-Gontier et Meslay-Grez.

Certes l’exigence écologique est une nécessité vitale mais pour autant aucune politique publique, y compris la protection de notre environnement, n’est au-dessus du débat démocratique. Il est donc nécessaire d’interroger notre politique énergie climat, et d’en débattre avec les élus territoriaux.

Poser les enjeux, partager un diagnostic, porter une vision, coconstruire des propositions, définir des objectifs quantitatifs et qualitatifs, mobiliser les acteurs locaux, mettre en œuvre et expérimenter des actions, suivre et évaluer nos projets…Cette méthodologie classique de construction d’une politique publique est exigeante mais également passionnante pour les élus locaux, engagés dans l’élaboration d’un plan d’actions local qui peut contribuer, très modestement, à l’amélioration globale de notre planète. Rappelons simplement que la France est à l’origine de 1% des Gaz à Effets de Serre à l’échelle mondiale. Soyons donc conscients de nos limites et cultivons la modestie.

L’écologie, il y a ceux qui en parlent, souvent de façon incantatoire, théorique et alarmiste, et il y a ceux qui la font, l’écologie concrète, l’écologie des solutions, que tous les élus locaux ont intégré à leur logiciel de gestion. Car, et c’est bien là l’essentiel, les transitions énergétiques et écologiques se construisent au cœur des territoires, de notre ruralité et de nos petites villes. De ce point de vue, le Sud Mayenne est un territoire ressources exceptionnel.

Et depuis plus de quinze ans, les élus du Sud-Mayenne sont en action, pour l’écologie du quotidien !

Protéger un captage d’eau, stopper l’arrachage d’un linéaire de haie bocagère, installer 28 chaudières bois en 5 ans, moderniser l’éclairage public vers le LED dans 22 communes, rénover la performance thermique d’un logement social communal, densifier un centre bourg, isoler énergétiquement une école, promouvoir des modes constructifs biosourcés comme le chanvre ou le bois paille, mobiliser l’épargne locale pour poser des panneaux photovoltaïques sur un bâtiment public, tripler la production photovoltaïque des bâtiments publics depuis 2016, valoriser les biodéchets pour alimenter un méthaniseur, développer un service de location de Vélos à assistance électrique à destination des actifs avec une flotte de près de 150 VAE, déployer un réseau de voies douces, amplifier l’utilisation des produits locaux ou biologiques dans nos cantines, aider l’installation de jeunes en maraichage…

Par ces quelques exemples, j’ai voulu démontrer l’engagement complet des élus du Sud Mayenne, qui ambitionnent de devenir un Territoire à énergie positif et bas carbone d’ici 25 ans. C’est collectivement que nous relèverons ce défi, sans rupture, mais en progressant lentement avec détermination jour après jour, en Mr Jourdain de l’écologie politique.

#PODCAST Equation budgétaire complexe #2

Vincent SAULNIER, chronique d’un élu local

CVAE, FPIC, DGF, AC, TH, DSC…autant de cigles qui jalonnent nos débats d’orientations budgétaires depuis près de deux semaines, à la Ville comme à la Communauté de Communes du Pays de Château-Gontier. Comme rapporteur, je me suis évertué, à exposer pendant près d’une heure, auprès des assemblées municipales et communautaire, les règles et le cadre général, qui régissent le budget de nos collectivités.

Au-delà de ce traditionnel DOB, pour Débat d’Orientation Budgétaire, 2021, il s’agissait pour notre équipe autour de Philippe Henry, de préciser les contours de notre stratégie budgétaire, et de dessiner une trajectoire financière pour ce nouveau mandat 2020-2026. Une stratégie simple qui s’articule autour de principes de gestion responsable : poursuivre le gel de la fiscalité des ménages et des entreprises, maîtriser et optimiser nos dépenses de fonctionnement, pour faire de chaque euro dépensé un euro utile, être en veille pour mobiliser les co-financements et subventions de nos partenaires : Département, Région, Etat, Europe, et enfin conserver une gestion prudentielle de la dette.

Exercice périlleux, la prospective budgétaire nécessite de conjuguer réalisme, pragmatisme et prudence. En effet, l’équation budgétaire s’avère de plus en plus complexe, pour les communes et les intercommunalités, au regard des bouleversements introduits par la suppression de la Taxe d’Habitation, et de ses mauvaises solutions de compensation.

En effet, le panier de recettes du bloc communal dépend désormais largement d’éléments nationaux que les élus locaux ne maîtrisent pas. Après l’électrochoc des chutes des dotations imposé par François Hollande, à partir de 2013, le mandat d’Emmanuel Macron est marqué par l’accélération des pertes d’autonomie fiscale et financière des collectivités, du département aux communes. De ce seul point de vue, la présidence actuelle est marquée par une profonde recentralisation jacobine des moyens financiers des assemblées locales, ainsi fragilisées.

La réforme de la taxe d’habitation a en effet pour conséquence la suppression de l’autonomie fiscale des départements, qui perdent leur capacité à lever la fiscalité liée aux impôts fonciers bâtis, désormais remplacés par une part nationale de TVA.

Les intercommunalités conservent les impôts fonciers bâtis mais la taxe d’habitation des EPCI est également remplacée par une part de TVA. En outre, ces mêmes intercommunalités, qui assurent pourtant l’essentiel de l’accompagnement du développement économique local, se voient amputer de 50% des valeurs d’imposition des entreprises. Certes des compensations directes sont mises en œuvre par l’Etat mais il en avait été de même avec la suppression en 2010 de la taxe professionnelle, dont les compensations d’Etat ont rapidement servi de variable d’ajustement.

Du côté des communes, la fin de la taxe d’habitation est mieux amortie par le transfert de la part des impôts fonciers des départements, néanmoins, cette fiscalité ne concerne désormais plus que les propriétaires, et distend durablement le lien entre le citoyen et la commune, puisqu’une large part de nos concitoyens ne sont pas propriétaires fonciers, et donc contribuables.

Ajouté à cela, l’absence de compensation par l’Etat des pertes des produits des prestations fournies à la population, en raison du confinement COVID. Ce sont 180 000 euros pour la Ville et 210 000 euros pour la Communauté, qui sont également perdus et non compensés, avec la fermeture des cantines, des médiathèques ou encore de la piscine.

Fort de cet éclairage sur l’évolution des ressources locales, vous comprendrez alors aisément que la préparation budgétaire s’avère de plus en plus exigeante. Pour tout responsable élu local, l’enjeu consiste donc à préserver des capacités financières pour assurer le financement des services publics locaux, et dégager des marges de manœuvre et une épargne suffisante pour porter des investissements de maintenance ou d’équipements nouveaux.

Et c’est bien là l’essentiel. Certes l’équation budgétaire de la commune et de l’intercommunalité est compliquée, et fortement exposée et tributaire des décisions gouvernementales, mais il convient de conserver à l’esprit que le budget n’est qu’un moyen. Un moyen pour porter un projet politique, des actions, des services et des équipements en faveur des habitants, des associations et des acteurs économiques et sociaux de notre beau territoire du Sud-Mayenne.

#PODCAST Optimisme olympique #1

Vincent SAULNIER, chronique d’un élu local

« Au train où vont les choses, l’optimisme va devenir une discipline olympique ».

Emprunter Jean Rocherfort, dans « Un éléphant ça trompe énormément » pendant cette période de COVID, c’est admettre que rien ne doit démobiliser, l’élu local que je suis, dans ses indéfectibles missions de Vice-président du Pays de Château-Gontier en charge du sport

Organiser la 5ème édition de la Semaine Olympique et Paralympique, lors de cette première semaine de février 2021, est une gageure pour un élu local. Sans jouer les Coubertins de l’espace rural, je veux ici révéler le défi organisationnel que cela représente, alors même que monsieur Damoclès hésite à sortir l’épée de son fourreau.

Oui, il en faut de l’optimisme pour promouvoir les valeurs de l’olympisme auprès des plus jeunes. Oui, il en faut de l’envie pour proposer à 12 écoles du territoire, des écoles rurales et urbaines, des écoles publiques et privées, et à 17 classes des animations culturelles et sportives, pour conjuguer la tête et les jambes, alors même que tout nous invite à nous confiner, à nous sédentariser et à nous refugier derrière des écrans.

Le Pays de Château-Gontier, mais aussi le département de la Mayenne, où je m’active dans la dynamique des Jeux de Paris 2024, sont aujourd’hui en action avec cette Semaine Olympique. Avec les animateurs sportifs, les équipes enseignantes, les fédérations scolaires, USEP, UNSS, UGSEL, et le CDOS, le Comité Départemental Olympique et Sportif de la Mayenne, nous voulons démonter les immenses vertus du sport, pour notre santé, physique et mentale.

Comme le rappelle régulièrement l’Organisation Mondiale de la Santé l’OMS, l’enjeu principal en matière de prévention c’est effectuer au moins 30 minutes d’activité physique quotidiennes en école primaire.  Cette Semaine Olympique et Paralympique est donc l’occasion de faire bouger les lignes et nos enfants. Paris 2024 veut inscrire cette recommandation dans son héritage au-delà de l’événement mondial de juillet 2024.

Labelisé Terre de Jeux, le Pays de Château-Gontier veut s’inscrire également dans cette dynamique orchestrée par Tony Estanguet. C’est le sens la mobilisation de nos 5 animateurs sportifs communautaires auprès de plus 500 élèves de primaire. C’est au cœur de notre bassin de vie que se met en place cet enjeu de sport santé. Je suis certain qu’il essaimera dans les prochaines années et permettra la labellisation « Génération 2024 » de nombreuses écoles de notre territoire.

Car il y a urgence ! Le sport à l’école reste trop marginal, et cela empire avec l’âge. 87% des adolescents français (11-17 ans) ont une activité physique insuffisante. Et la semaine olympique est l’occasion de révéler ces insuffisances et ces défis.

Alors, oui, les territoires mayennais se mobilisent et répondent présents auprès du COJO pour s’engager en faveur du sport à l’école.

Toutefois, et c’est le paradoxe, j’invite nos gouvernants à réviser certaines dispositions étonnantes du renforcement des protocole sanitaires, et en particulier la fermeture aux scolaires des équipements sportifs couverts, salles de sport et autres gymnases.

Alors que ces mêmes élèves peuvent se retrouver à 30 dans une classe de 50 m², ils ne peuvent pas l’être dans une salle de 1000 m² ? Cela interpelle ; Cela irrite les enseignants, les parents d’élèves et les élus locaux, mais assez peu les responsables nationaux.

N’y avait-il pas ici l’occasion avec cette Semaine Olympique et Paralympique de revenir sur cette mesure contradictoire, où l’on veut promouvoir le sport santé, tout en ne se donnant pas les moyens élémentaires de le réaliser. Qui accepterait de rester trempé après deux heures de sport sous la pluie ?  Personne, mais cela laisse indifférent lorsqu’il s’agit de plus jeunes ? Etonnant, non, aurait soufflé l’ironique Pierre Desproges.

Décidément, l’optimisme est plus que jamais un sport olympique